Une diversification de l’offre recommandée.
CONSEIL INTERMINISTÉRIEL SUR LES EXPORTATIONS : Une diversification de l’offre recommandée. Par Journal LeSoleil Publié 12/8/2010
Parmi les recommandations du Conseil interministériel sur les exportations, tenu hier, figurent une diversification de l’offre pour remédier à une extrême concentration, la mise en place d’un organe de coordination, à savoir le Conseil supérieur des exportations qui réunira chaque année le gouvernement, le secteur privé et les partenaires techniques et financiers.
L’une des recommandations fortes du Conseil interministériel sur la mise en œuvre d’un programme coordonné de développement des exportations, qui s’est tenu hier sous la présidence du Premier ministre, c’est le renforcement et la diversification des produits d’exportations. En effet, d’après le bilan fait par Amadou Niang, ministre du Commerce, les dix premiers produits d’exportations représentent 77 % du volume total des exportations, soit plus de 50 % de l’ensemble des recettes. Une extrême concentration qui limite bien des possibilités. Ce sont les produits pétroliers, malgré le fait que le Sénégal soit un pays non producteur de pétrole, avec 42 % du volume total des exportations, qui se taillent la part du lion.
L’essentiel de ces produits pétroliers est destiné à la sous-région dont 16 % pour le Mali. Ensuite, viennent les acides phosphoriques (14 %), les ciments (14 %), les produits arachidiers (4 %), etc. Mais la décision de libéralisation prise il y a quelques mois devrait booster les exportations de produits arachidiers. Le principal motif de satisfaction, selon le ministre du Commerce, réside dans le fait que près de 50 % de des exportations sénégalaises sont destinées à des pays africains, notamment des deux espaces communautaires de la sous-région (Uemoa et Cedeao). Ce qui offre l’avantage d’échapper à beaucoup de contraintes non tarifaires des pays développés.
Les autres recommandations concernent la mise en place d’un Conseil supérieur des exportations qui, à l’image du Conseil présidentiel sur l’investissement, réunira chaque année le gouvernement, le secteur privé et l’ensemble des partenaires techniques et financiers (Ptf) sous la présidence du chef de l’Etat. Il y a aussi le renforcement des moyens d’interventions de l’Agence sénégalaise de promotion des exportations (Asepex) qui est appelée à jouer un rôle beaucoup plus transversal. Ceci par la mise en place d’un fonds d’appui à l’exportation.
Hausse de 300 % des exportations de céréales
D’autres recommandations vont dans le sens d’un recentrage de toutes les activités de promotion et de développement des exportation autour du ministère du Commerce et la mise en œuvre d’un programme coordonné de développement des exportations articulé autour du renforcement de l’offre et la mise en place d’institutions d’appui à l’exportation, d’une amélioration des conditions d’accès aux marchés internationaux ou encore le renforcement de la compétitivité des entreprises. En effet, en dehors des produits classiques, les exportations de céréales ont connu une hausse significative ces trois dernières années.
Sous l’impulsion de la Grande offensive agricole pour la nourriture et l’abondance (Goana), à titre indicatif, les exportations de céréales ont crû de plus de 300 % et les recettes tirées de l’exportation des produits de transformation alimentaires sont passées de 17 à 20 milliards de francs Cfa, renseigne le ministre du Commerce. Mais si ces résultats traduisent « une bonne tendance », les contraintes ne manquent pas. Elles ont comme noms, aujourd’hui encore : manque de synergie entre les organisations d’appui, faible niveau de valorisation des produits exportés, un tissu industriel peu développé, un coût élevé des facteurs de production, des difficultés d’accès aux crédits de longue durée pour les Pme et les nombreuses barrières tarifaires ou non tarifaires qui entravent le libre accès de nos produits aux marchés des pays développés. Ceci, du reste, explique, les difficultés des produits sénégalais pour bénéficier de certaines dispositions préférentielles telles que l’African Growth and Opportunity Act (Agoa, loi américaine qui facilite l’accès des produits africains au marché des Etats-Unis).
La part des Tic et téléservices dans les exportations est aussi très dérisoire, sans compter le manque de visibilité des produits « made in Sénégal » sur Internet.
Au total, si le Sénégal est classé dixième au niveau mondial, pour la qualité de ses infrastructures - un rang très honorable, même s’il n’est que 123e exportateur mondial -, sa logistique et ses services d’exportations, il lui reste bien du chemin à faire pour équilibrer sa balance commerciale encore déficitaire.